Revue SSLA n°47 - 2020

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Revue de Pau et du Béarn numéro 47 - année 2020

 

Table des matières

- Le mot du Président, par Ricardo SAEZ, p. 5

- Résumés des articles, p. 15

Articles

- Recherches sur sainte Quiterie, qui vécut au Ve ou au VIe siècle, par Dominique BEZIAT

- Gaston de Foix, gouverneur du Dauphiné, par Benoit LANOYE

- 1652, année horribilis à Oloron et en Haut-Béarn, par Joseph MIQUEU

- Lou Nouste Henric : une langue régionale pour un mythe national, par Christian DESPLAT

- Administrer les basses-Pyrénées au tournant de 1789 : l'oeuvre de Pierre-Clément de Laussat, grand commis béarnais de la Révolution et de l'Empire, par Charles BINICK

- La famille Bernadotte, ses branches suédoise et béarnaise : l'histoire d'une ascension. De la Révolution à l'aristocratie et à la royauté, par Romain VON DEYEN

- Aux sources de la Société des sciences, lettres et arts de Pau (SSLA), 1841, 1871 : l'émergence d'une extraordinaire aventure culturelle, par Ricardo SAEZ

- Mystérieux Paul-Jean Toulet (1867 - 1920), par Jacques LE GALL

- Les bals clandestins dans la partie des Landes rattachée aux basses-Pyrénées sous le gouvernement de Vichy, par Bernard BOCQUENE

 

Documents inédits


Mélanges et recherches

- Bibliographie béarnaise 2018, par Valérie CHAMPETIER de RIBES et Jean-François SAGET

- Travaux universitaires 2018

- Ouvrages et travaux


Vie de l’association

Carnet de la SSLA – Éphémérides 2020 – Conférences  – Visites d'exposition - Excursion


Résumé des articles :


Dominique BEZIAT LASSÈGUES

Recherches sur sainte Quiterie, qui vécut au Ve ou au VIe siècle

Particulièrement développé en Béarn dans le diocèse de Lescar, le culte de sainte Quiterie reste également très présent chez nos voisins landais, dans le diocèse de Dax et surtout dans celui d’Aire où se trouve sa basilique majeure. Le présent article, au-delà de l’image d’Épinal et des légendes sans fondement qui, déformant la tradition initiale, circulent allègrement de nos jours, tente de faire le point des sources anciennes fiables sur ce personnage dont on ignore à peu près tout. Ces quelques pages n’ont pas la prétention d’apporter une réponse catégorique à la question du supposé martyre de Quiterie, mais se contentent d’exposer les sources hagiographiques et d’en tirer quelques bribes d’éclaircissements. À partir de la tradition médiévale, l’auteur tente de dégager ce qui est du domaine du probable et ce qui est du domaine du plagiat ou de l’affabulation. Il s’efforce également de cerner la période où se situe la vie de la sainte. L’étymologie, la paléographie et l’archéologie ont permis d’apporter quelques compléments d’information.

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Benoît LANNOYE

Gaston de Foix, gouverneur du Dauphiné

Cet article se propose de faire l’étude de la charge de gouverneur du Dauphiné durant la minorité de Gaston de Foix, entre 1503 et 1507. Cette situation singulière – l’exercice d’une telle charge alors que son détenteur n’est pas encore majeur – nous permet d’observer l’entourage qui gravite autour de Gaston de Foix et qui l’aide à relever le défi dauphinois. Cette analyse est également l’occasion de questionner les tenants et les aboutissants de cette décision royale. Ainsi, ce sont les contours d’une relation presque filiale entre Louis XII et son neveu qui apparaissent en filigrane et, avec la protection et le soutien du roi, c’est en fait le projet d’un royaume de Navarre aux mains de Gaston de Foix qui pointe à l’horizon.

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Joseph MIQUEU

1652, année horribilis à Oloron et en Haut-Béarn

La peste de 1652 a induit une année noire qui a laissé des séquelles et marqué les esprits. Le sujet avait été traité dans cette Revue en 1988 et 1992, mais il était intéressant d’y apporter un complément économique en particulier. Les journaux des jurats d’Oloron, parfaitement conservés, sont riches d’informations à cet égard. Le confinement de la population, seul remède provoquant l’arrêt de l’activité économique, a obligé la communauté à emprunter pour acheter des céréales pour une population au bord de la famine. Ces journaux nous font vivre les péripéties de la gestion de crise. On ne pourra manquer de faire le rapprochement avec la période actuelle subissant les affres du coronavirus, ce qui amène à employer les mêmes solutions, alors qu’on croyait que les progrès scientifiques pouvaient tout résoudre. Cet article, écrit fin 2018, était-il prémonitoire ?

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Christian DESPLAT

Lou Nouste Henric : une langue régionale pour un mythe national

À l’heure où les Français s’interrogent sur le degré de cohésion de la nation, sur sa capacité à intégrer les minorités et périphéries, poser la question de la langue du roi Henri IV n’est sans doute pas inutile. Qu’il ait pratiqué la lengue mayrane de sa Gascogne natale ne fait guère de doute. Mais l’une de ses premières Lettres missives commence par une de ses gasconnades dont il fit une pratique de l’art de gouverner : « Je suis né français. » Roi de France, il devint l’un des premiers grands prosateurs de la langue française telle que la forgèrent des poètes comme Malherbe. Mais, d’un autre côté, s’il rappela les Muses à sa cour, il n’entreprit jamais une curialisation centralisatrice des Lettres. Ce roi de raison, ce stoïcien, comprit que la langue était le ciment de l’oeuvre pacificatrice qu’il avait entreprise et il encouragea tous les idiomes du royaume dans l’édification d’une figure nationale héroïque apte à rassembler, sous les formes les plus diverses, une image capable de maîtriser l’opinion. Parce que, du jour de sa naissance à celui de sa mort tragique, la lengue mayrane fut celle qui contribua le plus, après le français, à l’attente populaire d’une légende, c’est celle-ci que nous présentons ici. On ne saurait, dans un tel domaine, prétendre à l’exhaustivité, mais jusqu’au XXe siècle, Lou Nouste Henric assura à la fois la pérennité d’une figure du roman national et en même temps celle d’une langue régionale. Ce n’est pas là le moindre mérite du Bon Roi.

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Charles BINICK

Administrer les Basses-Pyrénées au tournant de 1789 : l’oeuvre de Pierre-Clément de Laussat, grand commis béarnais de la Révolution et de l’Empire

Administrateur béarnais méconnu de la Révolution et de l’Empire, Pierre-Clément de Laussat n’en joue pas moins un rôle non négligeable sous tous les régimes qu’il connaît, de Louis XVI à Louis XVIII. À partir de sources inédites, dont des extraits de ses Mémoires restées à l’état de manuscrit et jamais exploitées, la reconstitution de son oeuvre politique permet de dépoussiérer un portrait atypique. À la croisée des histoires locale, nationale et coloniale, sa trajectoire offre un jeu d’échelles passionnant, au premier plan de la politique béarnaise où il est un financier de premier niveau et dans les coulisses des intrigues parisiennes où il exerce ses talents de juriste. Cette étude propose ainsi de dévoiler son rôle non négligeable dans l’envoi d’une députation béarnaise aux États généraux de Versailles en 1789, dans l’affirmation de Pau comme chef-lieu de département, dans l’écriture de la première Constitution du régime de Bonaparte en 1799, puis son influence dans les affaires financières du Premier Consul jusqu’en 1802.

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Romain VON DEYEN

La famille Bernadotte, ses branches suédoise et béarnaise : l’histoire d’une ascension. De la Révolution à l’aristocratie et à la royauté

S’il est connu que Jean-Baptiste Bernadotte, maréchal d’Empire, est monté sur les deux trônes de la presqu’île scandinave, Suède et Norvège, à la suite d’une carrière prestigieuse, il est moins notoire que son frère aîné Jean a été, pour lui, une aide précieuse dans ses premières années dans l’armée, où il apparaissait encore comme un soldat anonyme. Pourtant, au fil des années, l’ascension sociale de Jean stagnait tandis que celle, peu avantageuse au départ, de Jean-Baptiste s’accélérait de manière fulgurante. De simple soldat, recruté comme remplaçant en 1780, il devint maréchal d’Empire en 1804. Cette nouvelle position inopinée, possible uniquement grâce à la Révolution et à ses liens personnel avec l’ancien général Bonaparte – devenu entre temps Premier Consul, puis Empereur des Français et homme fort de l’Europe –, rendit toute aide de son frère aîné désormais inutile. Au contraire, comme général, maréchal, prince et enfin roi, ce fut au benjamin de la famille, Jean-Baptiste, de venir en aide non seulement à son frère aîné et aux enfants de ce dernier, mais aussi à tous les Bernadotte liés à lui vivant dans le Béarn – y compris ses branches les plus éloignées.

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Ricardo SAEZ

Aux sources de la Société des sciences, lettres et arts de Pau (SSLA), 1841, 1871 : l’émergence d’une extraordinaire aventure culturelle

À la faveur d’une réflexion ayant pour objet la situation actuelle des sociétés savantes et le rôle qu’elles ont joué dans la vie culturelle de nos régions, j’ai été amené à remonter aux origines de la SLLA échelonnées en deux temps : sa naissance précoce et extrêmement prometteuse au mois de janvier 1841 à laquelle succède brutalement une interruption à la fin du premier trimestre de l’année 1844 sans que l’on soit parvenu, à ce jour, à en percer entièrement les raisons. Il faudra attendre vingt-sept ans pour que notre Société se reconstitue au mois de juin 1871, reprenant les statuts qui avaient procédé à sa fondation au cours de la Monarchie de Juillet. Pour aborder une telle recherche, il nous fallait étudier les antécédents et filiations dont elle se réclame, ainsi que le contexte historique, social, culturel et politique dans lequel elle émerge, tout en plongeant, dans un troisième moment, dans les biographies de ses deux premiers présidents : Jacques Badé (1809-1846), normalien de la rue d’Ulm, et Eustache Maur François-Saint-Maur (1825-1901), archiviste paléographe et docteur en droit, qui connut une prestigieuse carrière au sein de la magistrature. Tous

deux participent à ce grand mouvement impulsé par Guizot, historien et homme politique, qui parie sur le progrès et le développement de l’esprit comme vecteur d’émancipation de l’ignorance et conquête de l’esprit critique libérateur des partis pris et des préjugés. Non seulement notre Association s’est montrée fidèle au cours de sa longue histoire à cette mission, mais on peut également avancer, comme s’efforce de le montrer, documents à l’appui, le présent article, à quel point nos deux premiers présidents ont ouvert une voie promise à une éclairante postérité.

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Jacques LE GALL

Mystérieux Paul-Jean Toulet (1867-1920)

Il y a chez Paul-Jean Toulet, mort il y a cent ans à Guéthary, un goût et une quête du mystère. Le goût du mystère, l’homme l’a entretenu tout au long de sa vie, au point de dissimuler « un grand fond de tendresse » sous « les algues de l’ironie », voire les armes de la cruauté : au point de s’autodétruire, plus ou moins consciemment. Quant à l’écrivain (un poète qui s’est essayé à tous les genres, y compris le roman), il n’en cherche pas moins, un peu partout, à frapper aux portes de l’invisible : le mystère de l’amour et de la mort, de la beauté et de la vie, le mystère en général constitue l’un des principaux foyers de cette oeuvre elliptique et souvent tragique, en tout cas non réductible à la simple fantaisie. Nous avons fait l’hypothèse que les contradictions de l’homme et du poète pouvaient avoir pour origine un événement capital : la mère de Toulet est morte quelques jours après avoir donné naissance à ce fils, désormais orphelin définitif et coupable putatif. Dans notre esprit, il ne s’agit nullement de prétendre tout expliquer par là. La clef, Toulet l’a avalée, comme fit, selon la légende, le comédien Gilbert. D’ailleurs, fût-ce périlleux, on préférera toujours s’embarquer sur de fragiles pirogues pour s’aventurer en mer et en poésie.

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Bernard BOCQUENET

Les bals clandestins dans la partie des Landes rattachée aux Basses-Pyrénées sous le gouvernement de Vichy

Dans la partie du département des Landes rattachée à la préfecture des Basses-Pyrénées sous le gouvernement de Vichy, malgré l’interdiction préfectorale, des bals clandestins ont été organisés dans les campagnes de Chalosse, du Tursan et du Gabardan. Suite à des lettres de dénonciation, à la demande du préfet ou à l’occasion de tournées dans les villages, les gendarmes interviennent en dressant des procès-verbaux, en confisquant les accordéons et en exigeant des contrevenants qu’ils cessent cette pratique illégale. Le gouvernement provisoire de la République française maintient l’interdiction des bals, qui ne sera levée définitivement que le 30 avril 1945.

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