S.S.L.A. de PAU et du BEARN

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La Revue Revue n°43 - 2016
Dernière mise à jour Mercredi 24 Mai 2017

Revue SSLA n°43 - 2016

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SSLA43_2016

Revue de Pau et du Béarn numéro 43 année 2016

Table des matières 

- Le mot du président, par Benoît CURSENTE, p. 5

- Raymond de Laguo, capitaine béarnais et gouverneur de Caen pendant les guerres de religion (1563-1578), par Antoine DAUVIN, p. 17

- La modernité urbaine dans les Pyrénées occidentales : le territoire urbain entre intégration et ségrégation, par Christian DESPLAT, p. 53

- La correspondance du marquis de Nays-Candau avec sa fille (1811-1838). Entre siècle des Lumières et ère romantique, par René DESCAZEAUX, p. 75

- Incidences béarnaises d’une migration à Naples au XIXe siècle, par Jeanne VALOIS, p. 99

- L’histoire de la fiscalité au service de l’histoire de l’art. Un autre regard sur les architectures vernaculaires au XIXe siècle, par Christian BOUCHÉ, p. 127

- Faire face à la Grande Guerre. Désordres, solidarité et renouveau dans la viticulture béarnaise entre 1914 et 1919, par Stéphane LE BRAS, p. 155

- 9 octobre 1934 : mort en service commandé, par Vincent LAFORGE, p. 171

- Lettre de Pierre Emmanuel à Bertrand d’Astorg. La rencontre de Lourmarin (19-22 septembre 1941), par Ricardo SAEZ, p.205

Documents inédits

- La vie religieuse dans la paroisse catholique d’Osse-en-Aspe au temps du curé Marquette (1835-1839), par Jacques STAES, p. 241

Mélanges

- Bibliographie béarnaise 2015, par Valérie CHAMPETIER DE RIBES et Jean-François SAGET, p. 289

- Travaux universitaires 2015, p. 303

- Ouvrages et travaux, p. 305


Vie de l’association

In mémoriam : Louis Cédelle par Christian DESPLAT – Le carnet de la SSLA - Éphémérides 2015 – Conférences – Excursion - Autres activités


Résumé des articles:

Antoine DAUVIN 

Raymond de Laguo, capitaine béarnais et gouverneur de Caen pendant les guerres de religion (1563-1578) .
Après la paix d’Amboise (19 mars 1563), Catherine de Médicis décide de reprendre en main une ville de Caen fortement marquée par le calvinisme. Au sein de ce gouvernement confié depuis 1551 aux Montmorency, la régente choisit de nommer un capitaine des Bandes françaises fortement lié à la Maison de Guise, Raymond de Laguo (ou Ramon de Lagor en béarnais) avec le titre de « Gouverneur pour le Roi ». L’objet de cette étude est d’améliorer notre perception sur ce capitaine béarnais maintenu quinze ans à cette fonction (1563-1578), pourvu du commandement d’une des plus importantes villes normandes et, malgré cela, étonnamment méconnu. Le croisement de ses archives familiales et des documents produits par les administrations royale et locale permet de percevoir les étapes qui l’ont amené à se distinguer à la cour, tout en soulignant les enjeux que représente sa nomination. Leur étude révèle également l’action de ce gouverneur dans l’absence de violences religieuses à Caen et sa politique en matière d’armement et de sécurité urbaine (1563-1576). Enfin, elle illustre les efforts du pouvoir royal pour s’attacher ce gentilhomme progressivement amené à exercer la réalité du commandement de Caen, face à ses initiatives et ses tentations politiques (1568-1578).

Christian DESPLAT

La modernité urbaine dans les Pyrénées occidentales : le territoire urbain entre intégration et ségrégation.
.
Du XVIe au XVIIIe siècle, le maillage urbain des Pyrénées occidentales s’identifie, pour l’essentiel, à l’héritage légué par les derniers siècles du Moyen Âge. S’il est vrai que cette stabilité recouvre des évolutions notables et que le paysage urbain est une construction permanente, le conservatisme l’emporte sur l’innovation. L’attachement au cadre de vie médiéval, étriqué et inconfortable, est indissociable des avantages acquis et des libertés anciennes, les fors, jadis concédés à ces agglomérations. Les pouvoirs centraux n’ont aucune volonté de perturber cet ordre ancien consensuel en lançant des opérations novatrices pouvant heurter des intérêts particuliers. Les préoccupations de sécurité et de salubrité sont ainsi les principaux moteurs des améliorations urbanistiques qui s’accentuent au XVIIIe siècle. L’affirmation d’activités manufacturières, et notamment le textile, revêt un caractère resté ici modeste, mais elle est suffisante pour observer l’émergence de logiques de ségrégation dans le tissu urbain. Toutefois, ces manifestations de la modernité sociale sont minoritaires et la prégnance de la mixité sociale reste forte.

René DESCAZEAUX

La correspondance du marquis de Nays-Candau avec sa fille (1811-1838). Entre siècle des Lumières et ère romantique.
Parmi les pièces d’un don manuel fait à la ville d’Orthez par les descendants d’Adrien Planté en 2010, figuraient les manuscrits d’une correspondance et les éléments épars d’un journal personnel. Ces travaux, conservés et retranscrits par une main inconnue, avaient été réalisés et dictés par le marquis Jean-Alexandre de Nays-Candau (1765-1839). Un véritable trésor culturel qu’Adrien Planté, emblématique président de la SSLA avait pieusement conservé sans trouver le temps suffisant pour l’exploiter. Durant près de trente ans, le marquis a correspondu avec sa fille Zulny (un prénom curieux et codé qu’il a voulu et choisi) qu’on voit évoluer en contrepoint derrière un miroir d’échanges. Nays-Candau nourrit un lien intense, successivement, avec une enfant, puis avec une jeune femme cultivée, avec une princesse lointaine enfin, idéalisée puisqu’elle ne voit pas sa déchéance. Des documents passionnants et remarquablement écrits, émanant d’un seigneur érudit et original devenu député des Basses-Pyrénées sous la Restauration. René Descazeaux a réalisé la transcription complète de ces pièces, accompagnée d’un abondant apparat de notes, qu’il a publiée en 2015 dans un livre : Regards sur un aristocrate béarnais, le marquis de Nays-Candau 1765-1839.

Jeanne VALOIS

Incidences béarnaises d’une migration à Naples au XIXe siècle.
Si, au tout début du XIXe siècle, les destinations migratoires les plus fréquentes des Béarnais sont l’Espagne et les Amériques, il arrive que certains soient conduits à s’installer dans d’autres pays. Dans le cas de Barthélemy Samson, un cadet du piémont né en 1774, Naples et Palerme seront le lieu de son implantation et de son activité de l’âge de 35 à 60 ans. Conséquence de ses compétences, de son ascension professionnelles et du contexte économique, il acquiert une certaine aisance financière qui lui permet de nombreuses acquisitions immobilières en Béarn. Mais c’est avant tout grâce au soutien et à la solidarité de sa parentèle, dans un système de dons et d’échanges réciproques, qu’il parviendra à les mettre en valeur et les gérer. À travers les documents d’archives, et malgré leurs lacunes, apparaît un système familial riche et complexe en constante évolution.

Christian BOUCHÉ

L’histoire de la fiscalité au service de l’histoire de l’art. Un autre regard sur les architectures vernaculaires au XIXe siècle.
La loi révolutionnaire du 4 frimaire de l’an VII (24 novembre 1798) instaura l’impôt sur les portes et fenêtres qui subsista jusqu’en 1925. Cette « impôt scélérat » fit aussitôt, puis durablement, l’objet d’un tir nourri de critiques dont l’argument principal était qu’il allait avoir pour effet un funeste « malthusianisme architectural », tendant à limiter les ouvertures, et le développement d’une insupportable inquisition fiscale. Or, les données statistiques ne confirment pas cette caricaturale vision des faits : au XIXe siècle, les maisons paysannes tendent à se doter d’un étage et d’un nombre croissant d’ouvertures. C’est particulièrement le cas dans le département des Basses-Pyrénées. Pour ce territoire, le discours prononcé par le député Pierre-Clément de Laussat devant le Conseil des Anciens, lors de la discussion de la loi, permet d’éclairer ce paradoxe d’un jour nouveau. Dans les arguments qu’il oppose au nouvel impôt, Laussat plaide pour la nécessité de ne pas offenser « le beau » et témoigne du fait que l’architecture paysanne, sans être indifférente à des calculs de rationalité, répond à une véritable conscience esthétique, porteuse d’exigences.

Stéphane LE BRAS

Faire face à la Grande Guerre. Désordres, solidarité et renouveau dans la viticulture béarnaise entre 1914 et 1919.
Cette communication s’inscrit dans la continuité des travaux menés par le laboratoire de recherche ITEM à l’université de Pau et des pays de l'Adour sur les petits vignobles du Midi aquitain. Elle vise à interroger les impacts du conflit pendant la Première Guerre mondiale dans et sur un vignoble qui jouit d’une certaine renommée depuis plusieurs siècles, mais qui, dans les années 1910, n’est plus qu’une activité secondaire en Béarn.
Toutefois, les effets du conflit à court et moyen termes y sont nombreux et ils frappent tout autant les individus que le matériel ou les exploitations. Il en résulte de nombreuses difficultés, surmontées par un redoublement de la main-d’œuvre féminine notamment. On voit alors apparaître de nouvelles pratiques et de nouvelles considérations qui ont des conséquences dans la gestion de l’urgence relative à la guerre, mais également, au sortir du conflit, dans le repositionnement de la viticulture locale sur le marché national des vins.

Vincent LAFORGE

9 octobre 1934 : mort en service commandé.
Perpétré par des terroristes croates, l’attentat du 9 octobre 1934 à Marseille coûta la vie au roi Alexandre Ier de Yougoslavie, au ministre des Affaires étrangères Louis Barthou, à un agent de police et à deux spectatrices. Son retentissement fut considérable, comparable à celui de l’assassinat de John F. Kennedy, trente ans plus tard. Dans les deux cas, la précipitation avec laquelle l’enquête fut conduite laissa le champ libre aux partisans de la théorie du complot. Pendant près de quatre-vingts ans, la majorité des publications consacrées à l’affaire accusèrent la police d’avoir semé le deuil sur la Canebière. Notre étude repose sur l’exploitation de sources primaires, principalement issues des archives judicaires et des actualités cinématographiques. Elle associe une démarche de recherche purement historique à un apport de connaissances en balistique lésionnelle. In fine, nos conclusions quant à la responsabilité du massacre de la Canebière sont significativement différentes de celles des auteurs déjà évoqués : le tueur, Velitchko, est responsable de la mort des cinq victimes et des blessures constatées sur la dizaine de blessés recensés. La police française porte, quant à elle, une écrasante responsabilité pour l’impéritie et la légèreté dont elle a fait preuve dans la protection de la visite royale.

Ricardo SAEZ

Lettre de Pierre Emmanuel à Bertrand d’Astorg. La rencontre de Lourmarin (19-22 septembre 1941)
Le présent article fonde son contenu sur une lettre manuscrite et inédite de Pierre Emmanuel, adressée au mois d’octobre 1941 à son ami Bertrand d’Astorg, pour lui rendre compte de la rencontre organisée par l’association Jeune France qui s’est tenue à Lourmarin, entre le 19 et le 21 septembre. En effet, celle-ci a invité une quarantaine de musiciens, de poètes et d’intellectuels afin d’organiser les lignes de force d’une rénovation artistique et culturelle qui, tout en étant subventionnée par le secrétariat général de la Jeunesse (SGJ), s’efforce cependant de garder ses distances par rapport à une emprise totale exercée par l’idéologie de Vichy. Outre qu’un tel document analyse les forces et les courants politiques divers et contrastés des participants, il constitue également un témoignage de tout premier plan dans la mesure où la rencontre de Lourmarin correspond à une prise de conscience entre deux options radicalement opposées marquant, de ce fait, une ligne de basculement irréversible entre l’adhésion et la rupture avec les choix politiques opérés par l’État de Vichy. De l’avis de Pierre Emmanuel, sous couvert d’une action culturelle, la rencontre fut en réalité une action de résistance au point que la poésie occupa un rôle moteur dans « l’effervescence du pays depuis la défaite ». En effet, c’est la poésie engagée qui luttera avec les armes de la création et de l’espoir contre le mensonge et les forces destructrices de l’esprit où le pouvoir s’est proposé de bâillonner la liberté martyrisée d’une nation. Au-delà de ce contexte, Pierre Emmanuel dévoile son antagonisme avec Jean de Fabrègues auquel le lie une forte amitié qu’il a passée sous silence jusqu’au soir de sa vie et que cette étude révèle pour la première fois.

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