S.S.L.A. de PAU et du BEARN

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La Revue Revue n°39 - 2012
Dernière mise à jour Mercredi 24 Mai 2017

Revue SSLA n°39 - 2012

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SSLA39_2012

Revue de Pau et du Béarn numéro 39 année 2012

Table des matières

- Le mot du Président, par Benoît Cursente, page 5
- Résumés des articles, page 9
- Un vase peu connu de l'âge du Bronze ancien : les productions céramiques régionales de la même période, par Claude Blanc, page 15
- Récits légendaires au miroir de l'histoire : disparition et essor de peuplements médiévaux en Aspe, Lares et Etsaut, par Anne Berdoy, page 27
- Des mensonges et de la tromperie au service du roi : la version espagnole du traité de Blois (juillet 1512), par Alvaro Adot-Lerga, page 47
- Les vestiges d’un royaume perdu : les documents du royaume de Navarre conservés aux archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, par Anne Goulet et Susana Herreros Lopetegui, page 71
- Ravaillac : l’esclave et le maître, servitude et liberté de la raison, par Christian Desplat, page 91
- Une stratégie politique au xvie?siècle : la clémence, par Monique Cuillieron, page 127
- Le sculpteur et l’exigence du matériau : le retable du Saint-Sacrement de la cathédrale de Lescar par Dominique Ferrère (1758-1759), par Laure Decomble, page 155
- Saint-Germain d’Arudy : des précisions sur l’histoire de l’église et de la paroisse, par Françoise Fabre-Barrère, page 167
- À propos d’un portrait dessiné d’Abd el-Kader, par Ahmed Bouyerdene, page 195
- Louis Barthou et Pau, par Jean-François Saget, page 203
- Lucien Favre, homme de convictions et de culture, journaliste engagé de talent, par Jean Chiama, page 223
- À propos d’Adrien Planté, par Benoît Cursente et René Descazeaux, page 245
- 1942 : « De certains bruits… », page 255
- Bibliographie béarnaise, par Valérie Champetier de Ribes et Jean-François Saget, page 257
- Travaux universitaires 2011, page 269
- Ouvrages et travaux, page 273
- Du côté des associations sœurs, page 279
– Le carnet de la SSLA, page 283
– Éphémérides 2012, page 285
– Conférences, page 287
- Exposition, page 293
– Excursion, page 295

 

Résumé des articles:

Claude?Blanc
Un vase peu connu de l’âge du Bronze ancien : les productions céramiques régionales de la même période
Des fragments d’un vase ont été trouvés en 1968 par des spéléologues dans la grotte de la Tournarie à Bilhères-en-Ossau. Une reconstitution graphique a pu être effectuée.
Après avoir situé les lieux de la découverte, on décrit ce vase de façon complète. Par analogie avec d’autres trouvés en fouille dans la Béarn ou dans les Hautes-Pyrénées, cette céramique est attribuée à l’âge du Bronze ancien (de 1 800 à 1 500 ans avant J.-C.). Il s’agit d’un vase en tonnelet de dimensions relativement modestes.
Une rapide synthèse des productions céramiques de cette période chronologique dans notre région est ensuite donnée, ainsi que les résultats des principales datations au carbone 14 réalisées à ce jour.

Anne Berdoy
Récits légendaires au miroir de l’histoire : disparition et essor de peuplements médiévaux en Aspe, Lares et Etsaut
Une légende selon laquelle le village d’Etsaut, en haute vallée d’Aspe, ne se trouvait pas, à l’origine, à son emplacement actuel est le point de départ d’une recherche historique.
Cette tradition orale est réexaminée au regard de documents d’archives et l’analyse, prenant appui sur un faisceau de données textuelles, toponymiques, topographiques et hagiographiques, conduit à proposer une histoire de l’occupation du sol entre le xie et le xiiie?siècle, insoupçonnée dans cette partie des Pyrénées, mais en résonance avec les récents développements de la recherche en d’autres secteurs de la chaîne.

Alvaro Adot-Lerga
Des mensonges et de la tromperie au service du roi : la version espagnole du traité de Blois (juillet 1512)
Le 16 juillet 1512, le roi Ferdinand le Catholique fit rédiger et diffuser par ses services de propagande le texte du traité de Blois entre les rois de France et de Navarre, alors même que ce traité ne fut signé que le lendemain. Ce faux traité a constitué un élément majeur justifiant la conquête de la Navarre par les troupes castillanes dans l’été 1512. Sont ici démontés, en prenant soin de les replacer dans le contexte de l’époque, les procédés de cette opération machiavélique. Dans un indispensable cadre de vraisemblance, assuré grâce au réseau de renseignement, la falsification a combiné le détournement de sens de formulaires stéréotypés et l’insertion de mensonges délibérés ayant valeur de provocation.

Anne Goulet et Susana Herreros Lopetegui
Les vestiges d’un royaume perdu : les documents du royaume de Navarre conservés aux archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
Les archives départementales des Pyrénées-Atlantiques conservent un important fonds navarrais d’environ 200 pièces. Ces documents semblent avoir été sélectionnés en vue d’une défense des droits de Catherine et de Jean d’Albret sur le royaume de Navarre. Leur présence à Pau a longtemps été rapportée à l’invasion de la Navarre par les troupes de Ferdinand d’Aragon dans l’été 1512. Or, un examen approfondi du dossier conduit à remettre en question cette interprétation. Ce fonds ne procède pas d’un départ précipité ; et c’est sans doute pour se prémunir d’une menace venue du nord des Pyrénées que les souverains navarrais ont commencé à le constituer dès 1504.

Christian Desplat
Ravaillac : l’esclave et le maître, servitude et liberté de la raison
Mais qui était donc ce « grand homme roux » qui, le 14 mai 1610, enleva le Bon Roi Henri à l’affection de ses sujets ? Entre l’hypermnésie qui entoure la mémoire d’Henri?IV et l’amnésie qui recouvre celle de Ravaillac, comment dresser le portrait du régicide ? Comment, surtout, comprendre les causes et les conséquences de son geste ? Nécessaire à l’accomplissement providentiel de la vie du héros, cet acte est unique et ne souffre aucune comparaison, pas même avec celui de Jacques Clément, et l’analyse lexicométrique souligne à quel point le personnage fut diabolisé et déshumanisé. Ravaillac a d’abord été voué à l’oubli pour mieux restaurer l’unité et la concorde nationales. Il devint ensuite l’exemple de la présence, obsédante, de Satan en ce monde. Le xviiie?siècle en fit le prototype du « fou de Dieu », exalté, superstitieux, fanatique. D’autres virent dans le parricide le signe de la Providence divine, quand Michel de Montaigne rappelait : « Il ne faut jamais juger de notre destinée qu’après la mort. » Au roi de raison, maître de ses passions, archétype du bon gouvernement, Ravaillac offrait son contraire, la figure de l’esclave qui renonce volontairement à sa liberté. Au mauvais gouvernement de la Ligue, celui du parricide et de tous les « Ravaillac en puissance », s’opposait le sacrifice consenti du bon roi, de l’État souverain, impartial et moderne.

Monique Cuillieron
Une stratégie politique au xvie?siècle : la clémence
Après son accession à la couronne de France et sa conversion au catholicisme, Henri?IV, habilement conseillé, se résolut à conduire une offensive de charme pour venir à bout de la résistance de ses peuples en dissidence et les ramener sous son sceptre. Faisant fi de son juste courroux, le roi s’apprêta donc à leur ouvrir les bras. Cette clémence, inhabituelle comme méthode de gouvernement, se révéla être, entre les mains du souverain, une arme efficace qui provoqua la ruine de ses adversaires.

Laure Decomble
Le sculpteur et l’exigence du matériau : le retable du Saint-Sacrement de la cathédrale de Lescar par Dominique Ferrère (1758-1759)
Le travail de sculpteur repose avant toute chose sur le choix du matériau et sa mise en œuvre. Dominique Ferrère est le dernier représentant d’une grande lignée de sculpteurs haut-pyrénéens qui ont fortement marqué l’art de la région. Comme pour ses aînés, le bois était son support privilégié, mais certaines de ses commandes prestigieuses lui ont permis d’utiliser le marbre, matériau noble par excellence. C’est le cas pour le retable du Saint-Sacrement de la cathédrale de Lescar, réalisé en 1759, à un moment où ce matériau faisait l’objet d’un monopole royal. Et c’est grâce à la correspondance de Dominique Ferrère avec le marquis de Marigny, conservée aux Archives nationales, que l’on peut aujourd’hui lui attribuer formellement cette œuvre.

Françoise Fabre-Barrère
Saint-Germain d’Arudy : des précisions sur l’histoire de l’église et de la paroisse
Gérard Cozes avait mené une grande campagne de restauration de l’église Saint-Germain d’Arudy, en 1970, en tant qu’architecte des Bâtiments de France. Il avait alors publié, dans le cadre de l’association des Amis des églises anciennes du Béarn, une monographie de l’édifice basée sur les analyses architecturales qu’il avait menées. Soucieuses d’entretenir et de mettre en valeur leur bâtiment, la commune et la paroisse viennent d’achever de nouvelles restaurations, notamment au niveau du mobilier. Nous nous sommes alors penchés sur l’étude des diverses archives paroissiales, communales et départementales pour repréciser les étapes de construction et d’agrandissement, notamment du xvie au xxe siècle, tant au niveau des accès que de la façade et du mobilier. Nous avons pu repréciser certaines dates, la réalisation du tabernacle, du retable avec son décor peint de 1648, les différentes dévotions et confréries.

Ahmed Bouyerdene
À propos d’un portrait dessiné d’Abd el-Kader
Parmi le legs mémoriel laissé par le séjour d’Abd el-Kader à Pau figure un portrait, conservé au musée national du Château, dont l’attribution est longtemps restée incertaine. Sont ici apportées les preuves irréfutables que l’auteur en est bien Charles Eynard, un Genevois installé à Pau. Ce pieux protestant, artiste occasionnel de grand talent, actif soutien de la cause de la libération de l’émir, mérite bien de sortir de l’oubli. Ce rappel biographique permet de préciser les circonstances de la réalisation de ce portrait et de mieux en comprendre les motivations.

Jean-François Saget
Louis Barthou et Pau
La ville de Pau a joué un grand rôle dans la vie de Louis Barthou. Il y a suivi ses études secondaires, fait ses premiers pas dans la vie active comme avocat, puis journaliste, enfin ses débuts dans la politique par son passage au conseil municipal. Toute sa vie, il y est revenu régulièrement pour des raisons publiques ou privées. Après sa mort, c’est la ville de Pau qui a conservé des liens avec lui par de nombreux témoignages de sa présence (nom du lycée et de rue, monuments…).

Jean Chiama
Lucien Favre, homme de convictions et de culture, journaliste engagé de talent
Cet homme à l’existence si brève, à peine 42 ans, dont 18 passés à Pau, a son patronyme attaché à un boulevard et à un stade de la ville. Mais est-il réellement reconnu ? Cet article vise à ce modeste mais important objectif : tenter de restituer les grandes lignes de la riche et dense vie de Lucien Favre et ses apports à l’histoire, à l’enseignement, à la politique, à la Résistance, au journalisme.
Victime des lois répressives de 1940, il traverse dans l’horreur et le sacrifice la période sombre de sa vie, mais également glorieuse par sa participation au Maquis du Béarn attestée par la médaille de la Résistance et la Croix de Guerre.
Intellectuel engagé, il est à l’origine de la création du quotidien local La IVe République, organe du Comité départemental de la Libération nationale, dont il prend la direction. Ses éditoriaux passionnés, rédigés dans une langue française qu’il manie à la perfection, font de lui un journaliste professionnel de talent, mais plus encore peut-être un grand homme de culture. Il doit rester dans la mémoire de Pau et du Béarn.
 

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