S.S.L.A. de PAU et du BEARN

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La Revue Revue n°38 - 2011
Dernière mise à jour Mercredi 24 Mai 2017

Revue SSLA n°38 - 2011

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SSLA38_2011

Revue de Pau et du Béarn numéro 38 année 2011

Table des matières

- Le mot du Président, par Benoît Cursente, page 5
- Résumés des articles, page 9
- « Dieu a-t-il puni la France ? » : 1640-1940. Culpabilité nationale et sorties de crises, par Christian Desplat, page 13
- Entre Èbre et Garonne du IIIe siècle avant au Ier siècle après notre ère : l’armée romaine et la romanisation, par Nicolas Aubert, page 63
- Une bastide à Lacommande en 1297 ?, par Jean-Claude Lassègues, page 91
- Les bastides des Pyrénées-Atlantiques : approche morphologique et contexte historique, par Jean-Paul Valois, page 115
- Libertés françaises et tyrannie religieuse : un face à face tragique au xvie?siècle, par Monique Cuillieron, page 143
- Les parlementaires palois et l’absolutisme dans la deuxième partie du xviiie?siècle : aux origines de la modération politique dans les Pyrénées-Atlantiques ?, par Frédéric Bidouze, page 167
- Aliéner sa maison en Béarn : l’exemple de Rébénacq (1745-1900), par Jeanne Valois, page 185
- Naissance et renaissance de la Société des sciences, lettres et arts de Pau (1841-1844 et 1871-1886), par Jean-François Saget, page 215
- Le pavillon des Trois B à l’exposition internationale de 1937, par Christian Bouché, page 241
- Mélanges : Le dénombrement des feux de 1385, page 263
- 1941 : la ligne de démarcation, page 269
- Bibliographie béarnaise, par Valérie Champetier de Ribes et Jean-François Saget, page 271
- Travaux universitaires 2010, page 287
- Ouvrages et travaux, page 291
- Du côté des associations sœurs, page 301
 - Vie de l’association : In memoriam : Françoise Claire Legrand, par Suzanne Tucoo-Chala, page 305
– Le carnet de la SSLA, page 310
– Éphémérides 2011, page 311
– Conférences, page 313
– Excursions, page 319
– Édition : Naissance de la collection D’hier à aujourd’hui, page 323.

Résumé des articles:

Christian Desplat
« Dieu a-t-il puni la France ? » : 1610-1940. Culpabilité nationale et sorties de crises
1610?: une oraison funèbre rappelle aux Français la cause de leur malheur, «?Ce sont nos péchez et non ses crimes qui l’ont fait mourir de cette sorte?». 1870?: dans un grand élan de repentance, la France catholique érige le Sacré-Cœur de Paris, pendant qu’Émile Zola complète la condamnation morale de la France de Nana dans La Débâcle. 1940?: Marc Bloch, témoin lucide, dresse un tableau sans concession des faiblesses de la France et demande «?un examen de conscience public?». Un dominicain publie, en 1941, un opuscule intitulé Dieu a-t-il puni la France ? Le maréchal Pétain dénonce «?l’esprit de jouissance?», relayé ad nauseam par Lucien Rebatet dans Les Décombres ou par Louis-Ferdinand Céline dans Les Beaux Draps. Comparaison n’est pas raison et il ne s’agit pas de confronter ici, point par point, de grands drames nationaux qui eurent des causes particulières. Mais on retiendra l’expression quasi unanime, suivie de choix radicalement divergents, qui représenta chaque fois la première étape d’une sortie de crise, dans un climat de culpabilité nationale. La mort d’Henri IV ouvrit ainsi un cycle de repentance dont il n’est pas certain, abstraction faite de la référence au christianisme, qu’il soit clos.

Nicolas Aubert
Entre Èbre et Garonne du iiie?siècle avant au ier?siècle après notre ère : l’armée romaine et la romanisation
L’armée romaine a largement contribué à l’organisation des territoires entre Èbre et Garonne et à leur romanisation, entre le iiie?siècle avant et le ier?siècle après J.-C. C’est ce que montrent les sources archéologiques, épigraphiques et numismatiques, tant en Ibérie du Nord qu’en Aquitaine.
D’une part, l’armée a intégré des combattants indigènes et auxiliaires. Elle a aussi largement distribué des terres conquises aux vétérans des légions. La monétarisation croissante qu’on observe, surtout à partir du ier?siècle avant notre ère, est d’ailleurs en grande partie liée à la présence des militaires sur nos territoires.
D’autre part, même s’il n’y a jamais eu de véritable armée d’occupation, les soldats romains ont joué un rôle fondamental dans l’urbanisation et l’aménagement, ainsi que la surveillance et l’entretien, des voies et des routes et rempli des fonctions très importantes dans l’organisation administrative de nos provinces.

Jean-Claude Lassègues
Une bastide à Lacommande en 1297 ?
Le 7 août 1297, un contrat de paréage est passé entre d’une part, le vicomte de Béarn et comte de Foix, Roger Bernard, accompagné de son épouse Marguerite, et d’autre part, Fortaner de Pimbou, commandeur d’Aubertin.
Le contenu des dix-sept articles de ce contrat indique qu’au-delà d’un simple paréage, c’est très vraisemblablement de l’établissement d’une bastide qu’il est question. L’objectif n’est pas de fonder une ville neuve à plan régulier, mais plutôt de conférer à une communauté qui existe depuis bientôt deux siècles un statut juridique privilégié. De fait, cette petite enclave dans le territoire de Monein, née au début des années 1100 en tant qu’Espitàu deu Faget d’Aubertii, va traverser les siècles pour donner l’actuel village de Lacommande.

Jean-Paul?Valois
Les bastides des Pyrénées-Atlantiques : approche morphologique et contexte historique
Les bastides font partie des villes neuves créées au Moyen Âge ; celles étudiées ont été créées entre 1280 et 1350, principalement dans la vicomté de Béarn. Une approche qualitative prend en compte la forme générale du plan, la disposition des parcelles et la localisation de l’église. Une méthode quantitative est proposée, elle prend en compte les dimensions de la place et des lots à bâtir et s’avère complémentaire. Les observations mettent en évidence des bastides précoces pour le Béarn (1280-1292) où la place est absente ou réduite. À partir de 1300 –?dans la série étudiée?–, apparaissent les places de grandes dimensions (plus de 100 arases) ; elles sont d’abord rectangulaires. Après 1308, un plan différent est adopté, organisé autour d’une place carrée, dont l’analyse quantitative souligne l’homogénéité. Les observations sont confrontées à l’histoire de la principauté.

Monique Cuillieron
Libertés françaises et tyrannie religieuse : un face à face tragique au xvie?siècle
Après son accession à la Couronne de France et sa conversion au catholicisme, Henri IV, habilement conseillé, se résolut à conduire une offensive de charme pour venir à bout de la résistance de ses peuples en dissidence et les ramener sous son sceptre. Faisant fi de son juste courroux, le roi s'apprêta donc à leur ouvrir les  bras. Cette clémence, inhabituelle comme méthode de gouvernement, se révéla être, entre les mains du souverain, une arme efficace qui provoqua la ruine de ses adversaires.

Frédéric Bidouze
Les parlementaires palois et l’absolutisme dans la deuxième partie du xviiie?siècle : aux origines de la modération politique dans les Pyrénées-Atlantiques ?
Le parlement de Navarre, créé à Pau en 1620, est l’une des treize cours de justice souveraines du royaume de France. Dans la seconde moitié du xviiie?siècle, c’est dans le cadre des parlements, considérés comme étant d’indispensables corps intermédiaires, garants des libertés, que se développe une première forme de vie politique « nationale ». Est ici étudié par quel enchaînement, et dans quelles limites, le parlement de Navarre a participé à cette défense des libertés publiques, notamment lors de la crise de désobéissance de 1765. Au bout du compte, par-delà ces excès de fièvre, vite éteints, tout ramenait les parlementaires vers une attitude de modération fondée sur la défense des privivilèges locaux qui étaient « la meilleure de toutes les constitutions ». Et les notables de la monarchie de Juillet sont les héritiers directs des parlementaires de la fin de l’Ancien Régime.

Jeanne Valois
Aliéner sa maison en Béarn : l’exemple de Rébénacq (1745-1900)
La société traditionnelle béarnaise s’organise auour de la maison. La question de sa transmission a récemment été renouvelée, mais non encore celle de l’aliénation. Cet aspect est ici examiné, de la moitié du xviiie?siècle à la fin du xixe?siècle, à partir de l’exploitation méthodique des actes notariés et judiciaires d’une «?localité laboratoire?» du pîémont béarnais. La mise en œuvre de cette documentation vise à repérer les motivations des cessions (dettes, absence de descendance, spéculation, causes politiques, ascension sociale, pauvreté et autres) et les protagonistes qu’elles impliquent. Si cette étude confirme la manière dont le familier est préféré à l’étranger, elle remet clairement en question les représentations d’une communauté villageoise stable et immuable, mais également le statut des femmes et des cadets impliqués dans ce type d’opération.

Jean-François Saget
Naissance et renaissance de la SSLA (1841-1844 et 1871-1886)
Succédant à l'Académie royale du XVIIIe siècle et précédant l'Association de la loi de 1901 du XXe siècle, apparaît au XIXe siècle la Société des sciences, lettres et arts de Pau avec une particularité étonnante : elle naît deux fois. La première naissance n'est suivie que d'une courte vie (1841-1844), mais après un sommeil de plus d'un quart de siècle, la seconde, en 1871, est le début d'une existence qui se poursuit encore aujourd'hui.
Dans ce coup de projecteur sur ses origines, sont étudiés les divers aspects de la vie de la SSLA durant ces deux périodes : les circonstances de sa double naissance, son fonctionnement, ses membres et ses dirigeants, ses activités internes et publiques, ses publications avec leurs contenus et leurs auteurs.

Christian Bouché
Le pavillon des Trois B à l’exposition internationale de 1937
Le «?centre régional?» de l’exposition internationale de 1937 avait offert aux provinces de France d’être représentées par des pavillons régionaux. Les pays de l’Adour répondirent à cet appel, réunissant leurs forces dans un «?Pavillon des 3B (Basques, Béarn, Bigorre)?».
Le régionalisme architectural, amplement pratiqué et théorisé au Pays basque, était une idée neuve en Béarn. Pour illustrer la province, fut prise pour modèle une singulière maison salisienne, aux antipodes de l’habituel souci de correction classique qui caractérise les architectures vernaculaires béarnaises. Le recours à une figure hautement pittoresque ne suffit pourtant pas à séduire la presse, non plus que les cercles régionalistes qui virent dans la démarche une insupportable mainmise des Bayonnais alliés aux Parisiens. Mais peut-être la question était-elle impossible, la maison béarnaise réfutant, par sa nature même, tout processus de folklorisation.


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