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La Revue Revue SSLA n°46 - 2019
Dernière mise à jour Mardi 03 Mars 2020

Revue SSLA n°46 - 2019

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Revue de Pau et du Béarn numéro 46 - année 2019

 

Table des matières

- Le mot du Président, par Ricardo SAEZ, p. 5

- Résumés des articles, p. 15

Articles

- Circulations montagnardes dans les Pyrénées : le col des Moines dans les vallées d'Aspe et d'Ossau, par Jean-Claude LASSÈGUES, p. 23

- Un jésuite espagnol, le père Jérôme Nadal traverse le Béarn en 1562 : circulation des marchandises et regard sur les débuts du calvinisme, par Ricardo SAEZ, p. 45

- Pouvoirs locaux, travail et travailleurs dans les pays d'états des Pyrénées Occidentales XVe-XVIIe siècles, par Christian DESPLAT, p. 67

- L'église Saint Pierre de Laruns. Un témoin de l'architecture et de la sculpture béarnaises de l'époque médiévale à l'époque révolutionnaire,, par Françoise FABRE-BARRERE, p. 99

- La famille Bernadotte, ses branches suédoise et béarnaise : l'histoire d'une ascension. Origine, épreuves et soutien fraternel mutuel, par Romain VON DEYEN, p.129

- Joseph et René Marie Castaing : les deux peintres palois et la Grande Guerre, par Laurent CASTAING, p.161

- La précocité de la Résistance dans le département des Basses-Pyrénées (fin juin-début juillet 1940), par Claude LAHARIE, p.187

- L’occitan/langue d’oc : origine, histoire, situation actuelle, par Maurice ROMIEU, p. 229


Chantiers d'Histoire

- Etudiants et chercheurs de l'université de Pau explorent les archives des Fox-Béarn-Navarre, par Véronique LAMAZOU-DUPLAN, p. 249


Documents inédits

- Inventaire après décès du château de Blachon (1755), par Jacques STAES, p. 287

- Documents relatifs aux biens de Sainte-Christine du Somport en Ossau et en Aspe (1162-1773), d'après un inventaire des archives des barnabites de Lescar dressé en 1792, par Anne BERDOY, p. 313


Mélanges et recherches

- Quelques documents extraits du fond de la famille de Fouron d'Artiguelouve (1660-1720), par Jacques STAES, p. 325

- Bibliographie béarnaise 2018, par Valérie CHAMPETIER de RIBES et Jean-François SAGET, p. 337

- Travaux universitaires 2018, p. 345

- Ouvrages et travaux, p. 347


Vie de l’association

Carnet de la SSLA, p. 357 – Éphémérides 2019, p. 358 – Conférences, p. 361 – Visites d'exposition,p. 365 - Excursion, p. 367.


Résumé des articles :


Jean-Claude LASSÈGUES

Circulations montagnardes dans les Pyrénées : le col des Moines dans les vallées d'Aspe et d'Ossau

D’après la légende, le col des Moines, qui fait communiquer les hautes vallées d’Aspe et d’Ossau, devrait son nom au fait que les religieux de l’hôpital prieuré de Sainte-Christine du Somport venaient à la rencontre des pèlerins en provenance de Gabas pour les guider et les secourir par mauvais temps. Il fut une époque où le chemin vicomtal qui remontait la vallée d’Ossau vers l’Aragon dirigeait effectivement les voyageurs vers le col des Moines plutôt que vers celui de Peyrelue. Cependant, la documentation est pratiquement muette sur le flux des pèlerins par l’une ou l’autre voie, y compris dans le cartulaire de l’hôpital de Sainte-Christine, alors qu’elle est abondante sur l’élevage intensivement pratiqué par les moines. Il n’est donc pas invraisemblable que ces derniers aient donné leur nom au col qui faisait communiquer leurs estives des hautes vallées d’Aspe, d’Ossau et de Tena, sans qu’il soit nécessaire d’invoquer un problématique accueil de pèlerins sur un trajet difficilement praticable une bonne partie de l’année.

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Ricardo SAEZ

Un jésuite espagnol, le père Jérôme Nadal traverse le Béarn en 1562 : circulation des marchandises et regard sur les débuts du calvinisme

La présente étude s’appuie sur un document ayant échappé à la curiosité éveillée des chercheurs aussi bien locaux que nationaux. Il se trouve glissé dans le premier tome des Epistolae P. Hieronimi Nadal (1546-1562) aux pages 722-724 de la Monumenta Historica Societatis Jesu, prestigieuse collection consacrée aux origines de la Compagnie de Jésus, dont le premier volume remonte à l’année 1894. Il s’agit d’un récit de voyage daté de l’année 1562, rédigé en espagnol matiné de portugais, rendant compte de la traversée des Pyrénées occidentales par trois jésuites : le père Nadal, visiteur ecclésiastique, qui se rend aux dernières sessions du concile de Trente en passant par le Béarn, au retour d’une tournée d’inspection des collèges jésuites d’Espagne et de Portugal, accompagné de son fidèle compagnon (socius), Diego Jiménez. Ils se sont adjoints à Saragosse un nouvel accompagnateur en la personne de Bertrand Rossès, natif d’Arrosès, qu’ils vont prendre avec eux car étant béarnophone, il peut servir d’interprète. Il deviendra, peu de temps après, le premier novice béarnais de la jeune Compagnie. Le contenu du document mêle les deux axes majeurs qui le structurent. Le premier touche à l’intense activité commerciale des marchandises convoyées par l’échelle du Somport entre l’Aragon, le Béarn et à la France, aux côtés des voituriers et des rouliers avec lesquels ils font route. Le second porte sur la situation religieuse du Béarn, l’année même où Jeanne d’Albret s’efforce d’instaurer un État huguenot dans sa principauté. La dispute religieuse qui éclate dans une auberge paloise entre deux seigneurs béarnais gagnés au calvinisme et deux des trois jésuites qu’ils ont pistés sur l’itinéraire Oloron-Pau parle d’elle-même tant elle constitue un témoignage de tout premier plan. Elle révèle, en effet, l’état des préoccupations religieuses et les fractures dressées par le mur d’une séparation comme le montrent les échanges entre les deux parties. Mais cette nouvelle genèse confessionnelle contient la marque même de la pluralité sur laquelle l’Europe a fondé son génie.

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Christian DESPLAT

Pouvoirs locaux, travail et travailleurs dans les pays d'états des Pyrénées Occidentales XVe-XVIIe siècles

Dans le Journal d’agriculture, de commerce et d’industrie, en 1774, un avocat palois concluait ainsi son article consacré aux métiers dans les provinces du ressort du parlement de Navarre : « Le commerce est singulièrement favorisé par la police particulière du pays : elle ne s’en mêle pas » ! La formule, qui s’appliquait à toutes les activités « mécaniques », était très réductrice; elle présente cependant un triple intérêt. Stricto sensu elle s’appliquait à tous les pays d’états, de la Bigorre au Labourd, qui représentaient l’aire « forale » française. Elle rappelle ensuite combien il serait anachronique d’évoquer un «droit du travail et des travailleurs » dans ces provinces sous l’Ancien Régime. Mais elle incite aussi à aller plus loin dans la recherche d’une réalité et d’une vérité évidemment plus complexes et plus fluctuantes.

Les sources ne font pas défaut et elles permettent de démontrer combien les pouvoirs locaux, parfois avec quelques longueurs d’avance sur le centralisme monarchique, se mêlèrent du statut du travail et des travailleurs.

Les fors et les coutumes, les règlements des assemblées d’états ou des «universités » de vallées et de « pays », les arrêts et les remontrances du parlement de Navarre, les ordonnances de police urbaine, les ordonnances ecclésiastiques de Jeanne d’Albret et les ordonnances synodales des évêques réformateurs forment un corpus considérable et cohérent.

D’une relative indifférence à l’égard de l’encadrement institutionnel et juridique du travail et des travailleurs, on est passé, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, à la mise en oeuvre de dispositions concertées, les unes coercitives, les autres régulatrices, quelques-unes enfin, plus nombreuses qu’on ne le croit, protectrices. À la veille de la Révolution, ces « pays » ne disposaient toujours pas d’un droit du travail (mais il n’existait pas non plus de droit nobiliaire) ; mais une réglementation multiforme allait de pair avec l’émergence d’une conscience sociale et avec celle de conflits organiques dans le monde du travail, dans des provinces par ailleurs peu manufacturières.

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Françoise FABRE-BARRERE

L'église Saint Pierre de Laruns. Un témoin de l'architecture et de la sculpture béarnaises de l'époque médiévale à l'époque révolutionnaire

L’église Saint-Pierre de Laruns, qu’on aperçoit en entrant dans le bourg, est un exemple des réalisations néo-gothiques de la fin du XIXe siècle remarquable par ses hauts volumes intérieurs éclairés par une série de rosaces et de vitraux de l’atelier Dagrant de Bordeaux. On y trouve quelques vestiges de l’église qui l’a précédée sous le même patronyme, démolie dans les années 1880, et qui font l’admiration du visiteur. Le prétexte à sa démolition? Une urbanisation naissante qui cherchait à répondre à l’afflux des curistes et pyrénéistes, le développement de la population, le désir de suivre les nouvelles modes architecturales. En son temps, vers le XIIIe siècle, la paroisse avait eu à coeur d’édifier une splendide église gothique parée de chapiteaux, consoles, vasques et cloches, typiques du gothique béarnais, de la doter d’un mobilier de bois doré dans le courant des XVIIe et XVIIIe siècles, de couvrir ses voûtes de décor polychrome et de faire exécuter un portail renaissance, oeuvre exceptionnelle en Béarn. Une partie de ces divers éléments est conservée en Ossau : nous disposons de témoignages artistiques, de descriptions relatées par les amateurs éclairés admirateurs de ce bâtiment démoli. Sculptés dans le marbre de la vallée, ils sont encore visibles sur quelques habitations, remplois que les habitants ont su conserver comme témoins de cet art gothique et renaissance. Ils constituent un patrimoine exceptionnel, une collection muséographique à ciel ouvert que nous devons à cette très ancienne paroisse du Haut-Ossau. Pleine de vitalité au cours des siècles, elle avait su mettre en valeur son église et trouver les meilleurs artistes.

Ce sont ces témoignages que présente cet article afin de les porter à la connaissance d’un vaste public souhaitant qu’ils soient conservés à jamais.

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Romain VON DEYEN

La famille Bernadotte, ses branches suédoise et béarnaise : l'histoire d'une ascension. Origine, épreuves et soutien fraternel mutuel

Le maréchal Jean-Baptiste Bernadotte, après une trentaine d’années au service de la France sous tous les régimes depuis l’Ancien Régime jusqu’au Premier Empire, couronna une vie riche et complexe en étant choisi par les Suédois pour régner sur eux. Si l’Histoire a retenu le maréchal Bernadotte (Charles XIV Jean de Suède et de Norvège après le 5 février 1818), elle a par contre largement oublié son frère aîné Jean qui fut pourtant, au départ, le membre de la famille Bernadotte au destin le plus prometteur et l’héritier symbolique de leur père par son choix de la carrière juridique. En effet, au commencement de leurs carrières respectives, juridique pour le premier et militaire pour le second, ce fut au frère aîné, sans pourtant être pour lui un mentor, de jouer un rôle fondamental comme soutien moral et financier, permettant ainsi salutairement au soldat Bernadotte de continuer son avancement dans les grades militaires – lentement, car il débuta comme simple engagé, mais sûrement. Jean Bernadotte, de par son influence et sa position à Pau et ses environs, emporté de surcroît par son tempérament et soutenu par ses réseaux locaux, s’impliqua dans les troubles qui agitèrent la région béarnaise au début de la Révolution. Il s’illustra particulièrement en prenant la tête de séditieux à Bénéjacq, contribuant à y renverser le pouvoir hérité de l’Ancien Régime ; mais cette parenthèse au coeur des événements fut de courte durée et il retourna rapidement à ses anciennes fonctions à Pau. Néanmoins, quelques années plus tard, il vit son frère cadet, qu’il avait aidé pendant sa jeunesse, atteindre le sommet de la hiérarchie sociale et de l’État. La nouvelle position, aussi prestigieuse qu’imprévue, de son frère lui donna, dans ses dernières années, l’opportunité de revenir sur le devant de la scène en devenant, par l’entremise du maréchal et prince, le fondateur d’une nouvelle famille aristocratique béarnaise.

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Laurent CASTAING

Joseph et René Marie Castaing : les deux peintres palois et la Grande Guerre

La notoriété de Joseph Castaing et de son fils aîné René Marie en Béarn et au-delà leur a été acquise de leur vivant. En effet, de nombreuses familles se sont partagées leur abondante production de portraits (plus de deux cents pour Joseph, quatre cents pour René Marie). De même, divers édifices, plusieurs grandes villas paloises, plusieurs demeures ont été décorés par l’un ou l’autre, et mainte église de la région possède des fresques des Castaing. Ils ont l’un et l’autre réalisé des expositions dans leur atelier ou dans divers endroits à Pau. Et, bien sûr, les succès remportés au Salon à Pau, mais surtout à Paris, au Salon des artistes français, et, enfin, le premier grand prix de Rome de René Marie en 1924 sont bien connus. En revanche, le centenaire de la fin de la première guerre mondiale nous donne l’occasion de découvrir ces peintres sous une nouvelle facette à travers des écrits inédits, les Mémoires de René Castaing – Année 1914 et l’abondante correspondance entre le père et le fils qui écrit successivement de Tarbes, de Nantes, de la forêt de Parroy en Lorraine, de La Rochefoucauld et enfin de Macédoine, sur le front d’Orient, et adresse plus de cent cinquante dessins et aquarelles à son père.

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Claude LAHARIE

La précocité de la Résistance dans le département des Basses-Pyrénées (fin juin-début juillet 1940)

Durant la quinzaine de jours qui suit la nomination de Philippe Pétain à la tête du dernier gouvernement de la IIIe République (16 juin 1940), le département des Basses-Pyrénées connaît une effervescence inhabituelle.

En Béarn comme sur la Côte basque, une série d’initiatives individuelles montre qu’une partie de la population refuse de reconnaître la défaite et l’armistice qui l’accompagne : de jeunes Palois rassemblés autour de Daniel Cordier, futur secrétaire de Jean Moulin ; quelques dizaines d’élèves du lycée Marracq à Bayonne ; une poignée de francs-maçons et militants socialistes palois rassemblés autour d’Ambroise Bordelongue et Honoré Baradat ; quelques aviateurs du Pont-Long ; les milliers de jeunes volontaires qui s’embarquent pour rejoindre l’Angleterre depuis les ports de la Côte basque ; Georges Loustaunau-Lacau, créateur du réseau Alliance ; Georges Charaudeau, créateur du réseau Alibi ; quelques personnalités béarnaises chrétiennes appartenant au groupe Esprit. Au total, huit initiatives qui sont considérées comme les premiers actes de la Résistance dans le département.

Après la description de chacune d’elles, vient l’interrogation sur les spécificités de ces débuts de la Résistance dans les Basses-Pyrénées et sur l’absence des deux grands courants qui constitueront les piliers de la Résistance française pendant la guerre, les gaullistes et les communistes. Enfin, sont apportées quelques explications à une précocité que l’on ne retrouve dans aucun des départements voisins.

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Maurice ROMIEU

L’occitan/langue d’oc : origine, histoire, situation actuelle

L’occitan/langue d’oc fait partie du groupe des langues romanes, langues qui sont issues de l’évolution spontanée du latin tardif parlé ; cette évolution s’est réalisée sur sept ou huit siècles environ. Au cours du IXe siècle, l’occitan, appelé langue vulgaire (langue du peuple), apparaît comme une langue nettement séparée du latin. Les premiers textes écrits conservés datent du XIe siècle. Pendant les trois siècles suivants, la production littéraire est importante, plus particulièrement la production poétique avec les troubadours dont le rayonnement s’étend sur une partie de l’Europe.

Depuis le XVIe siècle (édit de Villers-Cotterêts, 1539), l’occitan, comme les autres langues de France dites langues régionales ou minoritaires, a subi un lent mais inexorable processus de marginalisation dont la dernière péripétie s’est produite en 1992 avec la modification de la constitution de 1958 : « Après le premier alinéa de l’article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : La langue de la République est le français. »

Quelle place reste-t-il désormais dans cette République aux langues régionales, des langues qui n’ont pas de statut, pas d’espace de socialisation, pas d’accès aux différents moyens modernes de communication ?

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